Poèmes de ‘La vie après la mort’

Ode à la joie

Saturday, February 27th, 2010

Ode à la joie

Figée dans ma tristesse
Comme dans la graisse
Je veux tuer ce rire
Qui m’agresse

La joie est parfois déplacée
Lorsqu’elle est vomie

Il n’y a rien de sacré
Place aux vivants
Giflons les macchabées
Pétons sur les mourants

Achevons tous les malades
À coups de boutades

La joie est parmi nous
Rions ! Rions ! Rions!
Et si les larmes viennent
Alors pleurons de joie.

Montrouge, janvier 2010

La formule

Saturday, February 27th, 2010

La formule

J’apprends à capter la douceur de vivre
À capturer le plein dans le vide
Et je lâche le vain

Un souffle nouveau emplit ma poitrine
Je n’ai plus l’air de rien
Je me contente de vivre

D’être bien

Je prends chaque instant
Et je l’entretiens
Comme un feu quantique
Une formule magique
Sans fin

Je ne suis plus en quête
Je joue à la roulette
Et je trinque

Je rebondis sur la ponctuation
Je ne vois plus les points
Je pratique l’extraction

Du bien

Dans la moelle de l’existence
J’y vais avec le ventre de la cuiller
Plus rien n’est amer

J’ai faim

J’écris chaque ligne du menu
Assise au soleil sur un banc
À me chauffer le cul

Je commande la formule enfant
Avec la glace au citron

Garçon !

Montrouge, janvier 2010

Qu’attend-on de la vie à 30 ans ?

Saturday, February 27th, 2010

Qu’attend-on de la vie à 30 ans ?

Tout ce qui m’excitait
Est devenu accessible.
Je cherche un rêve à réaliser,
Je n’en trouve plus.

Où donc s’arrêter,
Quand on ne court plus ?
Alors que tous sont à l’arrêt,
À se demander « Où cours-tu » ?

Un joli coin du sud, avec des arbres,
Où mourir en paix.
Quand on est statique,
Seule l’hébétude a de l’intérêt.

Écrire des vers en prenant le soleil,
Faire des anagrammes,
Vivre une vie détestable,
Entre merveille et vermeil.

Cette idée a de beaux atours :
Rester assise sur mon cul,
Regarder les autres s’agiter,
Et claquer chacun leur tour.

Ah quelle belle vie,
Que cette vie qui m’attend !

Montrouge, janvier 2010

Considérations de vivant

Saturday, February 27th, 2010

Considérations de vivant

La mort ne change pas de place
C’est la pensée qui évolue
Elle lui tourne autour

La mort ne laisse pas de trace
C’est le regret qui fait sa crue
Sur la fin de nos jours

La mort ne nous regarde pas
C’est un point de vue
Dont on fait inlassablement le tour

Les morts ne nous regardent plus
Les vivants se retrouvent face-à-face
Et se voient dans ce mouroir

Les morts ne nous attendent plus
Ils restent sous la terre nue
Et les vivants se déplacent

Les morts ne réclament plus
Ils ont bien ou mal vécus
Et les vivants se sentent coupables

Les morts ne souffrent plus
Ils sont libres
Et les vivants sont leurs esclaves.

Mulhouse, le 28 octobre 2009