Archive for the ‘États d’âme’ Category
Sunday, May 30th, 2010
L’ogresse dedans
Un ciel de bronze
Écrase un horizon de jonquilles
Comme autant de têtes blondes
Dans mon champ de vision
Insolemment jaune
Je frise l’insolation
Un corps étranger bouge à l’intérieur
C’est un monstre qui me dévore le cœur
Une ogresse dodue en dedans
Une créature affamée infâme
Qui bouffe les hommes et les femmes
Dans l’antichambre du vivant
Où naît l’inspiration
C’est le garde-manger des enfants
Leur insatiable énervement
La jouissance éhontée
De ceux qui ne grandiront jamais
O joyeuse masturbation !
Cette amoureuse a huit ans
Depuis le début des temps
Elle réinvente l’amour
Depuis le premier jour
De l’imagination.
Mai 2010
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Sunday, September 20th, 2009
Cuisine du ça
Schisme interne
La mère et l’enfant meurent
Au menu du schizophrène
Tous les morceaux de moi m’écœurent
Je goûte un plat réchauffé
Qui m’avait donné des nausées
Les autres ont des dents
Les autres mordent dedans
Je cuis à feu doux dans ce restaurant
Je prends le goût du pathos
Je cuisine thanatos.
Mai 2007
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Sunday, September 20th, 2009
La solitude
Qui est cette partenaire
Ronde comme une jumelle
Pomme verte
Qu’on croque en solitaire
On la dévore même blette
Haut le cœur !
Dans ce décor immobile
Elle habille le vide
L’aiguille vacille
Sans jamais tomber
Du Grand Horloger
Au bord de la vie
À la lie du vin
Nous attendons, emmurés
Qu’elle noie son chagrin
Juillet 2007
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Sunday, September 20th, 2009
Cloître
Dormez démons
Déroulez mon repos
Sur le tapis de mes maux
Ouvrez le lit des rêves
À boire sans répit
Sans trêve bouffez les mots
Rémanents qui me crèvent
Donnez un halo
À ma douleur claire
Plantez votre clou somnifère
Et laissez-moi chaos.
Novembre 2006
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Sunday, September 20th, 2009
Au grenier
un soir balance
ses éclats de lumière
comme une poussière
d’espoir
infiltrée ravagée
j’implore un orage
dans le grenier de ma pensée
retrouver un peu de rage
comme une poupée démembrée
au fond de sa boîte
je pleure sur mon inanité
j’ose invoquer le désespoir
si je souffre encore
si je suis animée
juste pour voir
juste pour me sentir
vivre
dans le train du trop
être transportée
Août 2006
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Sunday, September 20th, 2009
Leur tendresse
On n’en parle pas
De ceux qui récupèrent dans leur bras
La petite misère du monde
Les cœurs effondrés
On ne dit rien
On méprise même parfois
Leurs yeux plissés d’amour
Leurs larmoies
On y reste sourd
Mais de leur tendresse
Vient puiser la magie
De la simple vie
Loin des euphories
Dans leurs bras on jouit
On pleure et on rit
On se réconforte
On aime
En quelque sorte.
Juillet 2005
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Sunday, September 20th, 2009
Dans mon trou
Le soir s’écrase
Sur le capot des Porsche
Des tas de lumières éclatent au loin
Dans le ciel doré des rupins
Des phares, des étoiles, des réverbères
Pour éclairer nos cages à air
Dans cette nuit veillent trop d’humains
Et je ne rêve qu’à toi
Ça me fait rire
Quand je pense que tu t’en fous
Ça me fait pleurer peut-être bien
Dans un fond de verre
Dans mon trou
C’est noir de personne
De ma mère
Ce puits sans eau
Sans lumière, sans bout
Ce trou absurde
Où pourrissent mes idées
Mes vœux amers
De chèvres et de hères
De campagne et de trous
Pour y jeter mes vers
Y balancer mon crève-amour.
Août 2005
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Sunday, September 20th, 2009
Le rien et la foudre
Un orage se prépare
Chasse l’asséchant devoir
Le ciel se casse en mon âme
Le plein et le vide se séparent
J’attends, pourquoi,
Le vivre de ce soir
Je pelte le sable des attentes
Pour emplir un à un les boudoirs
Enfumés de mes actes
Où rien ne se passe
Où le rien se pense
Et se fantasme
N’être plus
Qu’un hêtre
Dans la tempête
Et être foudroyé
Le Pecq, Mars 2005
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Sunday, September 20th, 2009
Ventre
Et rien dedans
L’incommensurable néant
Ne me suffit pas
Telle une insatiable gorge
Je bois et je rebois
La liqueur honteuse
De l’agir, pourquoi
Courir toujours courir
Mais hors de soi
Au lieu de simplement capter, ressentir
Le vertige d’être là
Arrêter de fuir
Et revenir à soi.
Février 2004
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Sunday, September 20th, 2009
Au chalet des damnés
Si blanche la peau de cette dame
Poudrée d’or et d’aspartam
Ses flancs vêtus de soleil
La montagne se dresse éternelle
Où la brume s’engouffre
En ce matin tard
Mes rêves et mes draps s’enroulent
Dans un lit de cafards
Au décompte de mes attentes
Chaque jour tombe comme une tête impatiente
J’attends l’heure, j’attends l’absente
Le glas à cette mise en scène grimaçante
Février 2005
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