Poèmes de ‘États d’âme’

Sens primal

Sunday, September 20th, 2009

Sens primal

Au petit matin sans repos
Les plaintes se passent de mots
Cette complainte au creux de mon être
C’est la racine de l’hêtre
Le cordon à Dieu peut-être
Heureuse ou malheureuse
Mais consciente d’en être
C’est un chant mystique
Aux lancinantes rythmiques
C’est un cri où meurt la voix
Où le corps berceau de vie est roi
Mes yeux pleurent en son hommage
Éblouis à la lumière de cette rage.

Février 2004

La toile des désillusions

Sunday, September 20th, 2009

La toile des désillusions

Je sprinte dans les orbes folles
À la poursuite d’un peu de foi
Aimer son prochain, oui mais manque de bol,
Ce sera pour une prochaine fois.

L’artifice humain
A désamorcé les meilleures volontés
L’amour s’est désintégré
La surface de mon cœur n’est plus éclairé

Une nuit absolue règne
Sur mon enfance poignardée.

Février 2004

Les petits vides

Sunday, September 20th, 2009

Les petits vides

Au fond des fonds
Il n’y a qu’un absent muet
Il n’y a plus personne
Un désert d’illusions crevées
Un ventre d’enfant déballonné
L’expiration des parois sensibles
Qui dedans te laisse vide
Le sang changé en eau
C’est l’exil des Danaïdes
La démission des pulsions freudiennes
Les orphelines diluviennes
De mes larmes païennes
Dans ce monde où l’on ne pleure pas.

Février 2004

Le cœur las

Sunday, September 20th, 2009

Le cœur las

Sur le pas pressé des hasards
S’orchestrent mes vœux faiblards
Aux ouïes pluvieuses des nuages
Je promets d’être sage

O mystérieuse tempête ! Sur le bleu
Des idées noires en pagaille s’arrêtent
Et assombrissent le peu d’amoureux
En mon âme encore bête

Louanges feuillues aux tendres ramures
Je ne veux plus de vos littératures
L’encre que vous avez fait couler
Etait une sève empoisonnée

Désormais une montagne
Devant mes yeux apparaît
Sur chaque cime un chagrin
En chaque abîme une clef

Pour mes jours plus de drames
Et des nuits sans regrets
Au devenir des idiots et des ânes
Le cœur las se fait.

Mai 2004

Saborde

Sunday, September 20th, 2009

Saborde

Le cœur à vif
S’orne d’une peau de suif
Où tout glisse
Après trop d’absorption
Les écoutilles débordent
On crie à la saborde
L’ignorance est notre salut
Sur le chemin des vérités crues.

Février 2004

Où vont les mouettes

Sunday, September 20th, 2009

Où vont les mouettes

La mer s’est marée
La ville s’est bidonnée
Les parapluies étaient pliés
L’horizon grisé

Et moi j’ai pleuré
Parce-que tu ne riais plus.

Décembre 2003

Sixième continent

Sunday, September 20th, 2009

Sixième continent

Le manque
Vide arborescent
Qui me casse comme du bois mort
Quand la princesse éveillée
Pleure celui qui dort

Dévorée de toutes parts
Mes chansons sont des remords
Mes poésies des larmes
Nourries dans mon corps

Les autres me manquent
Comme on manque d’inspiration
Le mur en face est une page fermée
Où sont inscrits les noms
De ceux qui m’ont oubliée

L’étendue des peines
Se mesure au cœur carré
Au fond du mien il y a des combles
Que rien ne vient combler

L’imaginaire est suffisant
Pour parcourir le tour du monde
Mais l’amour est un sixième continent
Où marcher ne mène qu’à soi

Les sourires sont des glaces
Qui fondent sur mes lèvres tristes
Les bêtises et les grimaces sont des masques
Qui abritent ou qui se brisent

Où sont-ils ces endroits sans barreaux
Où nous pourrions êtres honnêtes
Où nous enlèverions nos chapeaux
Qui couvrent nos têtes bêtes

Je voudrais trouver un endroit
Où la vérité serait partout
Un havre où les oiseaux seraient ivres
Et les hommes libres d’être fous.

Août 2003