Poèmes de ‘Poèmes’

2014

Monday, January 12th, 2015

2014

Les commérages
Qu’en dira-t-on ?
À l’insu de mon plein gré
Transformé en vivant-mort

Vannes fermées
Inaccessible
Va voir ailleurs si j’y suis
J’y suis pas ? Eh ben tant pis !

Médaillé d’or
De tir-au-flanc
Je ne sais pas travailler
Pourtant je donne le change

Mauvais cursus
Nécessitant
Des qualités que j’ai pas
Et bouffant tout mon temps libre

Les beaux espoirs
Évaporés
Ne reste que la rancœur
D’un idéal impossible

Fin du problème
Plus de remous
Eau stagnante à l’horizon
Un sempiternel marasme

L’histoire est longue
Je la fais courte
De moins en moins agréable
À en finir acariâtre

(Mais tout n’est pas
Désespérant
Car malgré tous ces défauts
J’ai la chance d’être aimé)

2014

Jugement dernier

Saturday, January 10th, 2015

Jugement dernier

Alors : jugera ou jugera pas ?
Clairement : jugera pas !
Qu’en a-t-il à faire que Machin ait poché les yeux de Truc ?
Il crée bien des aveugles à tour de bras !
Que lui importe les tueurs d’enfants ?
Il a bien laissé crever le sien à la fin d’un long supplice
S’il a sauvé Isaac, c’est pour encore mieux fanatiser son père
Il promet aussi un paradis bizarre à qui tue en son nom

Dieu, s’il existe (infime probabilité), sent tout, voit tout, entend tout…
Et par conséquent se fout de tout !

Si vous voulez être moral, il vous faudra d’autres raisons !!!

2014

Cul-de-sac évolutif

Tuesday, December 17th, 2013

Cul-de-sac évolutif

Je suis en radicale opposition
Avec la grande majorité
Des lois biologiques et sociales
De mon temps.

Ça fait de moi
Un parfait inadapté
De l’évolution.

À partir de là,
Ça ne sert à rien d’épiloguer :

C’est soit la révolution des mœurs
Soit l’absence de descendance.

2013

C’est presque ça

Monday, December 16th, 2013

C’est presque ça

Clopin s’échouait sur les touches d’un piano,
S’escrimant à jouer avec ses doigts penauds
Des mélodies aimées indûment massacrées.
– Encore un qui aurait mieux fait d’être discret –

Lamorgue écrivaillait des vers tristement plats
Pour cracher sa bile contre l’ordre établi
Avant de sombrer de sommeil dans son grand lit.
– Encore un flemmardant dans son anonymat –

Vassotton étalait des taches sur ses toiles
À l’aide de pinceaux trempés d’incompétence
Tentant la traduction d’indicibles souffrances.
– Encore un qui ferait mieux de mettre les voiles –

Chrisbophe se perdait à chaque choix à faire
Et, au final, rien ne pouvait le satisfaire :
Il se saoulait lui-même à grands coups de sarcasme.
– Encore un pataugeant dans son boueux marasme –

2013

Arbre fruitier

Monday, August 6th, 2012

Arbre fruitier

Bébéyer
Donne-moi tes fruits sucrés :
Bébé secoué
Bébé volé
Bébé noyé
Bébé excisé
Bébé violé
Bébé abandonné
Bébé étouffé.

Intégrité corporelle

Monday, August 6th, 2012

Intégrité corporelle

Benoa est dans mon bras
Mandi est dans ma narine
François est dans mon estomac
Chris est dans ma cuisse
Amande est dans ma jambe
Milo est dans mon dos
Camille est dans ma cheville
Stéphane est dans mon crâne
Marion est dans mon poumon
Jérémie est dans mon sourcil
Jef est dans ma fesse
Mireille est dans mon oreille
Laroussi est dans ma vessie
Dorothée est dans mon nez
Claire est dans ma glaire
Elé est dans mon pied
Mikaël est dans mon aisselle
Raf est dans ma rate
Béatrice est dans mon clitoris
Paco est dans ma peau
Danielle est dans ma moelle
Carole est dans mon aréole
Emilie est dans mon rachis
Marie-Laure est dans mes pores
Audrey est dans mon cervelet
Ivan est dans tous mes organes.

La colère des enfants

Thursday, July 5th, 2012

La colère des enfants

Il y a des doigts coupés
Des doigts de mains, des doigts de pieds
Il y a des petits doigts partout
Dans les forêts, les bosquets, les prés
Au bout des branches
Des bouts de doigts se balancent
Dans les allées, les futaies, les récrés
Dansent des doigts coupés
Partout les enfants jouent
Partout ils rient encore
Leurs rires sont entiers
Leurs dents sont en or
Leur colère dort
(Elle va se réveiller).

Combat

Friday, March 30th, 2012

Combat

Ils demeurent sereins quand tout s’écroule et tombe
Ces soldats de chair (bientôt de plomb) mourant sous
Le ciel de mon enfance où volent des colombes
Vers l’horizon torride où le silence bout.

La girouette en deuil criait au firmament
Au bord d’un lac de sang, sous un grand tas de morts
Les vents se croyaient là dans un moulin-à-vent
À peine un léger souffle au loin frémit encore

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler
Mais nos vieux officiers prétendent qu’on s’y fait
Je pourrais tout gâter par de plus longs récits

Les voix mêmes des oiseaux passants se sont tues
Les causes du combat resteront inconnues
Ci-gît un monde mort pour cause de folie

Un livre

Thursday, September 15th, 2011

Un livre

Un livre, un peuplier,
Un tronc de branches blanches,
Un mot empli de sève,
Un sens près des racines,
Un lecteur dans les feuilles.

15 septembre 2011

Télégramme 2

Monday, February 28th, 2011

Télégramme 2 (retrouvé perdu dans les services postaux du bout du monde)

Courrier bien reçu

Finalement !

Ai dû changer d’adresse
Problèmes de couple

Te réponds sans tarder
Malgré les années